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mercredi 16 février 2022

Churchill et les Sudètes

Travail sur le discours de Churchill alors dans l'opposition : la réaction de l'Homme politique à l'annonce des résultats de la Conférence de Munich. 

Un homme politique visionnaire, le choix des mots dans le discours politique

Lien vers l'activité






dimanche 6 février 2022

La Paluche, Episode 1 : Staline / Ribbentrop

Notre nouvelle série en 2, 3 ou 12 épisodes ça dépend :

La PALUCHE

Elle peut être fausse, sincère, amicale, polie. 

Elle est aussi directe ou molle. Elle peut faire mal ou être flasque. Elle permet un premier contact corporel, elle conclue un échange, elle scelle des décisions. C'est un marqueur identitaire typiquement occidental mais elle est universelle et intemporel... qui ? La poignée de mains, pardi ! 

Entre hommes politiques, Présidents ou chefs d’État, entre militaires ou tout simplement anonymes, la poignée de mains balise nos échanges, scelle des destins ou entraîne des milliers de personnes à la mort. C'est un moment photographié, mis en avant. Bienvenue dans l'univers impitoyable des poignées de mains, l'échange de paluches.... Voyageons dans son histoire, ses moments clés, fil directeur de nos chapitres d'histoire, de géographie et d'EMC.

Ces terribles et pourtant véridiques histoires sont dans... LA PALUCHE

Épisode 1 : Ribbentrop / Staline, paluche faussement chaude dans salon froid

23 août 1939.

Un bureau au Kremlin, Moscou.

Cet instant est le moment de gloire de Joachim von Ribbentrop, ministre des affaires étrangères du Reich nazi. L'apogée du plénipotentiaire qui vient de réaliser le coup diplomatique du siècle au nez des puissances occidentales qui pensaient que l'URSS serait fidèle à la ligne diplomatique figée depuis plus d'un siècle : les liens avec l'Europe de l'Ouest afin de contenir et d'encercler l'Allemagne et son agressivité. Mais à force de tergiverser, de louvoyer en direction de Moscou, cherchant des accords mal négociés et refusant de se compromettre avec le leader communiste, Paris et Londres constatent avec stupeur et effroi que Le Petit Père des Peuples a décidé de faire alliance avec ce qui était jusqu'au 22 août « l'ennemi irréconciliable ». Munich et l'abandon de la Tchécoslovaquie ont révélé à Staline le manque de constance des démocraties et le risque d'un possible double jeu. Avec ce micmac diplomatique qu'il signe avec son homologue soviétique Molotov, Ribbentrop est au sommet de sa gloire. Son étoile va ensuite rapidement pâlir au sein de la structure de commandement nazi. Diplomate parvenu, de descendance aristocratique, il se crée rapidement et facilement des inimitiés parmi les grands dignitaires nazis. Alcoolique notoire, son coup d'éclat à Moscou va plonger le monde dans la stupéfaction. Mais au temps des diplomates va rapidement succéder celui des généraux et l'aura du ministre va aller en déclinant. Pour Staline, cette poignée de mains est un répit. Après avoir limogé, déporté, tué l'essentiel des généraux de son état-major, il sait que l'Armée Rouge n'est pas prête si la guerre qui s'annonce prend une ampleur plus importante que prévue. Avec cet accord, il s'agit aussi d'un Yalta avant l'heure grâce aux « protocoles secrets » : le partage de l'Europe de l'Est. Pour l'Allemagne, c'est la concrétisation d'un début d'« espace vital ». Pour l'URSS, c'est le retour en son sein de territoires perdus après la Première guerre mondiale et l'installation du « corridor sanitaire ». Petits fours et faux sourires de cette réunion cachent mal les tensions entre les deux pays. Cependant, tout est mis sous le tapis en attendant un changement de stratégie. Staline pense ainsi garder sa frontière occidentale tranquille et c'est avec effroi, tapis dans son bureau de très longues heures qu'il prendra connaissance du déclenchement de l'opération Barbarossa en juin 1941.




La PALUCHE... A suivre....

samedi 22 janvier 2022

"Dunkerque", C. Nolan, 2017

   


     « Dunkerque » de Christopher Nolan est l'un des événements cinématographiques de 2017. Disons le d'entrée et cela est clamé haut et fort par le réalisateur anglo-américain et par l'équipe de promotion : « ce n'est pas un film de guerre, c'est un film de survie » ! Alors, soit,... on ne perdra pas de vue ce sous-genre cinématographique en explorant « Dunkerque » car cette distinction a son importance lorsqu'on s'intéressera aux aspects militaires que l'on perçoit dans le film. Nolan aurait pu tourné ailleurs dans le monde pour représenter Dunkerque à l'instar de Spielberg qui fait des plages irlandaises nos plages normandes pour l'imposante scène du Débarquement de son soldat Rayan. Ici, Nolan choisit le lieu mémoriel par excellence. Son "Dunkerque" ne peut être tourné qu'à Dunkerque. Des actions touristiques, pédagogiques ont été entrepris sur le secteur dunkerquois afin de surfer sur la sortie du film:des circuits touristiques,une rénovation complète du musée Dynamo. Dunkerque utilise enfin pleinement son potentiel touristique "de mémoire" grâce au film. On aurait pu proposé la projection - débat de "Week-end à Zuydcoote" et du film "Dunkerque" de Leslie Norman tourné en 1958. Une expo sur le tournage du film de Nolan aurait pu être à l'honneur dans ce lieu...

   Quel image le film renvoie-t-il de notre histoire ?
   Dès les premières images, on est pris dans la tourmente de fin mai - début juin 1940. Les rues de Malo jaillissent de l'écran. On est avec l'un des héros parcourant les rues, tentant de se mettre à l'abri. On déboule ensuite sur la plage où attendent sagement les tommies (un peu trop) disciplinés. La plage est un axe majeur du film, ainsi que la digue superbement reconstituée, véritable fil entre le continent et l'Angleterre. La force de Nolan tient alors dans la maestria dans laquelle il nous prend pendant l'heure quarante de film. L'art cinématographique de l'auteur de « Inception » prend alors le dessus : la science du montage et de l'ellipse. On est en avion, sur mer dans différentes esquifs, on suit le parcours de plusieurs personnages. Flash-back, retour en arrière ou projection sur un autre terrain de guerre du dunkerquois. On suit différents soldats de base cherchant à partir de l'enfer de Dunkerque. Aucun de ces personnages n'est plus important que l'autre et chacun peut mourir en une fraction de secondes. Avec le choix d'acteurs quasi inconnus, Nolan prend ainsi le parti pris de montrer que le plus important, c'est donc la survie. Clooney ou Brad Pitt auraient été choisi pour être à l'écran pour "Dunkerque", leur survie aurait d'emblée été assurée à la fin du film. On ne peut pas faire mourir de grandes stars hollywoodiennes. Mais avec ce choix, Nolan impose toutes les possibilités au fil des minutes de son film alors qu'on perçoit en fond sonore les minutes qui s'égrènent.

Dès les premières minutes du film, on est happé par la force de la reconstitution et par l'"enfer" de Dunkerque



Le point faible du film et qui déstabilise certains spectateurs reste le fait que ce n'est pas un film historique "de guerre" à proprement parler. Rien des véritables enjeux de la bataille, le film souffre cruellement d'un manque de contextualisation des enjeux. Il faut au préalable bien connaître la bataille, la bataille de France, la Blitzkrieg et l'enjeu de Dunkerque...Difficile pour un américain qui verra le film de se faire une idée de ce qu'a pu être cette opération Dynamo et la bataille de Dunkerque. Une simple carte animée de quelques secondes au début du film aurait suffit. Quand aux troupes françaises n'en parlons pas. C'est malheureusement la grande faiblesse : une petite allusion au début et une autre dans les dernières secondes.Entre les deux, rien.... Ne cherchez pas les français, ils sont à Zuydcoote avec le soldat Julien Maillat alias Belmondo...

     Même s'il est estampillé « film de survie », ça reste donc la guerre. Une fuite éperdue de soldats ordinaires. Aucun héros, juste des gars qui veulent survivre... La force du film repose sur plusieurs points : la musique signée Hans Zimmer qui peut même être considérée comme étant le personnage principal de l’œuvre. Plus que les acteurs, la musique martèle, fait vibrer, accompagne l'action et les moments de tension, notamment sur la digue lorsque les avions allemands foudroient les troupes et les bateaux. Zimmer signe une BO métallique, froide et prenante, envoûtante et stressante, recréant parfaitement l'ambiance du film. Comme dans « Le Soldat Rayan » qui reste la référence du film de guerre, l'ennemi est invisible. Omniprésent, on ne voit pourtant aucun allemand. Pourtant, il est là et rode, sur terre, dans les airs et sous la mer... Contrairement au "mètre étalon Rayan", il n'y a chez Nolan pas de temps morts, pas de répit. On pense être sauvé dans un bateau et quelques minutes plus tard, on est sous l'eau dans une atmosphère étouffante et angoissante. Alors que Rayan multiplie les effets guerriers pour montrer l'horreur de la guerre, il n'y a par contre aucune scène gore dans « Dunkerque » : pas de corps démembré sur la plage ni de blessures sanguinolentes. On reste dans le « politiquement correct » même si la peur et l'angoisse sont tiennent le film.


Extrait de la B.O.



       Réalisateur de films de science-fiction, Nolan signe ainsi avec "Dunkerque" une entrée fracassante dans le monde des réalisateurs touche à tout comme Spielberg ou Ridley Scott. Il tient et maîtrise son film, véritable film d'auteur, loin des standards hollywoodiens. "Dunkerque" est à voir et à revoir, notamment pour son kaleidoscope impressionnant de scènes qui se chevauchent, se parlent et qui embarquent le spectateur, le bluffant en l'embarquant dans tous les aspects de cette opération Dynamo : sur terre, sur mer et ans les airs.
Le flegmatique Kenneth Branagh interprète le seul officier du film.
Plaqué sur la digue reconstituée, il incarne l'ordre, la hiérarchie anglo-saxonne.
Droit dans ses bottes, vissé sur le ponton, il est l'Angleterre personnifiée...


On peut aussi s'interroger sur quelques plans plus ou moins furtifs dans le film :
- une mer déchaînée face à la digue du Braek (qui d'ailleurs n'existait pas à l'époque) alors que le plan suivant, se déroulant au même instant, montre une bataille aérienne au-dessus d'une mer d'un plat et d'un calme olympien (un avion réussit même à amerrir).
- Les jeunes héros que l'on suit pendant le film sont constamment imberbes même si le film se déroule au minimum sur deux jours (ou trois?).
- Les dernières scènes où on survole un Dunkerque étrangement intacte à bord d'un Spitfire...

On pourra aussi remarquer (voir ci dessous) que l'affiche lorgne vers une peinture romantique très célèbre : "Le voyageur contemplant une mer de nuages" de Caspar David Friedrich




Un instant, une photo... Le D Day aux Etats-Unis

    Il y a des clichés qui en disent long sur l'ambiance d'un pays, les sentiments d'une Nation. Plus forts que les comptes-rendus, les analyses et décryptages.... en un instant, en une photo, on sait tout de ce qui peut traverser un pays, sa joie comme ses angoisses, ses moments de tensions face à un événement...

    Le 06 juin 1944, de l'autre côté de l'Atlantique, le peuple américain suit "en direct" l'avancée de leurs troupes en Normandie. Un panneau géant d'une agence d'information accroché sur les murs d'un gratte-ciel new-yorkais diffuse les nouvelles, tenant en haleine les piétons. La photographie ci-dessous montre les progrès des sociétés occidentales et d'abord anglo-saxonnes où l'information "en temps réel" va prendre de plus en plus d'importance. Ce cliché montre aussi l'implication de tout un peuple dans la conduite de la guerre. Une fois le Débarquement révélé médiatiquement, l'opinion publique américaine va voir sa participation à la culture de guerre accrue et amplifiée. 

jeudi 20 janvier 2022

Le V2 au cinéma

    Le missile allemand V2, sujet de cinéma ? 

    Un film de guerre présente en effet les armes nouvelles d'Hitler pour en faire un objet cinématographique. Son nom : « Opération Crossbow » de Michael Anderson, sorti en 1965. Les acteurs principaux sont George Peppard et Sophia Loren. Peppard est alors auréolé du succès du film « Diamants sur canapé » sorti 4 ans plus tôt et qui a fait de cet acteur américain, un sex symbol au sourire ravageur qui se spécialise dans les films de guerre ou dans les westerns alors que Sophia Loren alterne alors les productions italiennes et les grosses productions comme « la chute de l'empire romain ». Le film se décompense en plusieurs parties plus ou moins inégales. Le début est quasi documentaire. Nous sommes à la fois dans le quartier général de la RAF découvrant avec les spécialistes en photo aérienne ces étonnants cylindres qui intriguent. Certains y voient des armes nouvelles, des fusées capables de s'écraser sur Londres et pouvant renverser le cours de la guerre alors que d'autres y voient un plan nazi afin de mettre les forces alliés sur de fausses pistes. Le film montre également ce qui se passe à Pennemünde avec les essais techniques du V1, les différents pilotes d'essai. Werner VonBraun n'est pas nommément désigné mais on voit un savant géré les équipes techniques. On suit également les préparatifs de cette opération Crossbow avec le bombardement du site de Pennemünde par les bombardiers Lancaster et Stirling anglais. Suit une histoire d'espionnage classique avec Peppard et deux autres espions cherchant à infiltrer la base allemande. Ils se font passer pour des scientifiques de formation et experts en langues étrangères et ont pour mission de se faire passer pour des ingénieurs pro-nazis entre-temps décédés, ce que les Allemands, désespérément à la recherche d'experts en balistique, semblent ignorer. Sophia Loren interprète l'épouse de l'un de ses scientifiques, mais elle ne sait pas qu'entre temps, son ex époux (ils sont en instance de divorce) est décédé et que celui-ci a dorénavant pris les traits de Georges Peppard. Puis, Peppard réussit à entrer dans la base souterraine nazie avec le traditionnel jeu du chat et de la souris entre un espion et les services de la gestapo présents dans la base. Peppard discute souvent avec le scientifique, toujours aucune mention de VonBraun. Il ne faut alors fâcher personne car en 1965, date de la sortie du film, l'ancien scientifique nazi est le directeur de la NASA !! Aucune mention de Dora, aucun déporté, uniquement des travailleurs et scientifiques des pays occupés venus travailler de force dans un univers propret. On voit dans quelques plans des rangées de centaines de lits sommaires. Rappelons le contexte du film et l'aveuglement volontaire sur le monde concentrationnaire et son histoire, ainsi que le choix délibéré de faire un film d'action et d'espionnage. Aucune recherche historique, la base nazie souterraine ressemble davantage à un repaire d'un méchant de James Bond. Le film aura une suite plus ou moins officieuse car elle ne reprend aucunement la trame d'origine de « Opération Crossbow ». Elle s'intitule « Mission V2 » sorti en 1969 avec l'acteur David McCallum.

Lien youtube pour visionner la bande annonce :

 https://www.youtube.com/watch?v=5v5Nq0fTD58









mardi 18 janvier 2022

Les films consacrés au D Day


"Le jour le plus long" et "Il faut sauver le soldat Rayan" évoquent différemment la même bataille, un épisode qui a marqué les esprits et qui fait entrer la guerre dans une nouvelle phase : le débarquement allié (États-Unis, Royaume-Uni et Canada essentiellement) sur les plages de Normandie le 6 juin 1944, la plus importante opération amphibie de tous les temps.

A 36 ans de différence, ces deux films ne reproduisent pas de façon identique ce moment crucial de la guerre. Ces différences trouvent leurs origines dans le contexte de la réalisation de ces deux œuvres.

→ « Le Jour le plus long », de Daryl Zanuck, 1962 : le film montre l'intégralité de cette journée : des préparatifs quelques jours plus tôt (d’où le surnom de cette journée « la plus longue ») jusqu'à la prise des plages et la victoire contre l'ennemi mais avant les semaines très difficiles de la bataille de Normandie. Le film s'inspire du livre best-seller de Cornelius Ryan qui, le premier, a raconté le D Day dans le détail. Il a été tourné en Corse (les plages de Normandie, lieu de la bataille sont un lieu de mémoire et de respect donc interdiction d'y tourner, d'en faire un lieu « de spectacle »). On devine dans certains plans, avec quelques arrêts sur image le relief montagneux propre à la Corse. Le film est aussi tourné en noir et blanc, justement pour éviter notamment le bleu turquoise de la Méditerranée. Les artificiers ont abusé des panaches de fumée pour masquer le relief accidenté. 18 ans après les événements, le film rend hommage aux héros avec un souffle épique, respectant la nationalité des acteurs / soldats (ainsi, des français (comme Bourvil) jouent des français (on remarque au passage qu'il n'y a aucun collabo, uniquement de braves français (il ne faut alors pas froisser les coproducteurs français et montrer aux spectateurs de l'époque ce que fut la quasi guerre civile entre français)), des anglais comme Sean Connery jouent des soldats anglais et des américains interprètent des soldats américains (mais en grand nombre car le film s'adresse en priorité au public outre-Atlantique : présence de John Wayne, Henry Fonda, Robert Mitchum...)). Le film est une coproduction (plusieurs pays ont investis dans le film) mais c'est tout de même un film américain car il faut montrer à l'époque que les États-Unis se préoccupent toujours du devenir de l'Europe, qu'ils sont les gardiens de la liberté (contexte important de la guerre froide avec une date de sortie symbole face à ce qui se passe à Cuba). Le film glorifie la geste du soldat, leur sacrifice face à l'envahisseur mais allant jusqu'à la dépersonnalisation. Cependant, ce sens sacrificielle est occulté : peu de morts visibles, un sang déversé inexistant, peu de cadavres gisant sur le sable. Le film souffre de plusieurs problèmes : l'importance des guests (grands acteurs qui font de la participation) efface l'identification du spectateur : on voit Wayne, ou Connery qui vient alors de terminer son premier Bond " contre Docteur No" Le film insiste sur la force de frappe américaine (le pilonnage des blockhaus allemands, les coups de canons tirés des destroyers), les 2 avions de la Luftwaffe renforçant l'idée que l'arrivée sur les plages a été facile. Le film donne une impression de facilité, d'un manque de danger comme si la bataille était gagnée d'avance. Il y a donc un manque de recul entre l'événement réel et les intentions du réalisateur. Peu de morts, de scènes insoutenables. Idée que le Débarquement semble avoir été facile.

→ « Il faut sauver le soldat Rayan », Steven Spielberg, 1998. Le film évoque en partie le Débarquement mais par contre, il évoque également les jours suivants, soit la bataille de Normandie. Comme « Le jour le plus long », interdiction mémorielle de tourner en Normandie, Spielberg fait une reconstitution en Irlande ( et non les États-Unis car ambiance européenne du paysage + crédits d’impôts et facilités pour tourner offerts par l'Irlande). Le débarquement n'est pas le cœur du film. L'évocation de cette bataille permet de placer l'intrigue dans un moment historique précis. Spielberg cherche à interpeller les sens visuels et auditifs du spectateur le plongeant tout de suite sans répit dans une terrible scène de guerre dès les 5 premières minutes de film et pendant plus de 20 minutes avec des moments de bravoure, de massacre, montrant la réalité de la guerre (même s'il faut toujours insister sur le fait que ce n'est qu'une représentation de la guerre et non la guerre elle-même). La représentation du débarquement dans le film de Spielberg illustre bien la confusion qui règne alors sur la plage. On montre des forces jeunes (Miller est le seul officier « âgé » et qui a du recul ( normal car, de mémoire, dans le film, on apprend plus tard qu'il est prof = ce n'est pas un militaire de carrière) mais c'est une jeunesse qui se demande ce qu'elle fait là + certains sont déterminés, vigoureux mais on les montre aussi extrêmement vulnérables. Les scènes s'inspirent du travail du photographe Robert Capa qui a photographié cette journée de façon floue et saccadée mais non intentionnellement = dureté des combats. Capa, puis Spielberg ont ensuite fortement influencé les concepteurs de jeux vidéos sur la guerre (Medal of Honor) ou d'autres cinéastes lorsque ceux-ci ont représenté la guerre en général (Eastwood dans « Mémoire de nos pères », Scott pour « Gladiator »...)

lundi 17 janvier 2022

Le Mur de l'Atlantique au centre de l'exposition au Grand Palais

Les blockhaus nazis continuent de hanter nos plages et notre imaginaire. Vestiges visibles, ils sont le témoin de l'occupation et voulaient transformer l'Europe en espace clos, une ceinture de béton de la Norvège aux côtes espagnoles face à l'hypothèse d'une invasion anglo-saxonne. 

Mais ce qui est fascinant avec ces constructions monumentales inscrites pour durer dans le temps, ce sont leur construction, une histoire cachée, témoignage de la Collaboration entre de nombreux industriels français et la puissance administrative et coercitive du Reich.

Le Grand Palais a accueilli récemment les œuvres monumentales de Anselm Kieffer autour de ces témoignages du passé qui résonnent encore dans notre quotidien, comme des fantômes surgissant au détour d'une dune. L'idée est de questionner ces murs aujourd'hui souillés, rouillés, cachés face aux réalités d'aujourd'hui.

Liens : 

https://www.franceculture.fr/histoire/blockhaus-du-mur-de-latlantique-une-histoire-camouflee-et-francaise

 https://www.grandpalais.fr/fr/article/retour-en-images-sur-lexpo-anselm-kiefer-au-grand-palais-ephemere


 

dimanche 16 janvier 2022

Les batailles de la 2eme guerre mondiale à travers le cinéma

Voici un Genially permettant à l'élève d'appréhender une chronologie des grands faits militaires de la 2eme guerre mondiale par le prisme des films de guerre. Le travail consiste à replacer sur une frise chronologique distribuée aux élèves les grandes batailles dans l'ordre, mais également sur une carte afin d'en voir la mondialisation. 

https://view.genial.ly/6020553f9abe3b0d11c18f0e/presentation-chronologie-2eme-guerre-mondiale-au-cinema


Petite vidéo sur l'arme nucléaire