Travail sur le discours de Churchill alors dans l'opposition : la réaction de l'Homme politique à l'annonce des résultats de la Conférence de Munich.
Un homme politique visionnaire, le choix des mots dans le discours politique
De la 6ème à la Terminale, étudier la guerre en histoire et en géographie
Travail sur le discours de Churchill alors dans l'opposition : la réaction de l'Homme politique à l'annonce des résultats de la Conférence de Munich.
Un homme politique visionnaire, le choix des mots dans le discours politique
Notre nouvelle série en 2, 3 ou 12 épisodes ça dépend :
La PALUCHE
Elle peut être fausse, sincère, amicale, polie.
Elle est aussi directe ou molle. Elle peut faire mal ou être flasque. Elle permet un premier contact corporel, elle conclue un échange, elle scelle des décisions. C'est un marqueur identitaire typiquement occidental mais elle est universelle et intemporel... qui ? La poignée de mains, pardi !
Entre hommes politiques, Présidents ou chefs d’État, entre militaires ou tout simplement anonymes, la poignée de mains balise nos échanges, scelle des destins ou entraîne des milliers de personnes à la mort. C'est un moment photographié, mis en avant. Bienvenue dans l'univers impitoyable des poignées de mains, l'échange de paluches.... Voyageons dans son histoire, ses moments clés, fil directeur de nos chapitres d'histoire, de géographie et d'EMC.
Ces terribles et pourtant véridiques histoires sont dans... LA PALUCHE
Épisode 1 : Ribbentrop / Staline, paluche faussement chaude dans salon froid
23 août 1939.
Un bureau au Kremlin, Moscou.
Cet instant est le moment de gloire de Joachim von Ribbentrop, ministre des affaires étrangères du Reich nazi. L'apogée du plénipotentiaire qui vient de réaliser le coup diplomatique du siècle au nez des puissances occidentales qui pensaient que l'URSS serait fidèle à la ligne diplomatique figée depuis plus d'un siècle : les liens avec l'Europe de l'Ouest afin de contenir et d'encercler l'Allemagne et son agressivité. Mais à force de tergiverser, de louvoyer en direction de Moscou, cherchant des accords mal négociés et refusant de se compromettre avec le leader communiste, Paris et Londres constatent avec stupeur et effroi que Le Petit Père des Peuples a décidé de faire alliance avec ce qui était jusqu'au 22 août « l'ennemi irréconciliable ». Munich et l'abandon de la Tchécoslovaquie ont révélé à Staline le manque de constance des démocraties et le risque d'un possible double jeu. Avec ce micmac diplomatique qu'il signe avec son homologue soviétique Molotov, Ribbentrop est au sommet de sa gloire. Son étoile va ensuite rapidement pâlir au sein de la structure de commandement nazi. Diplomate parvenu, de descendance aristocratique, il se crée rapidement et facilement des inimitiés parmi les grands dignitaires nazis. Alcoolique notoire, son coup d'éclat à Moscou va plonger le monde dans la stupéfaction. Mais au temps des diplomates va rapidement succéder celui des généraux et l'aura du ministre va aller en déclinant. Pour Staline, cette poignée de mains est un répit. Après avoir limogé, déporté, tué l'essentiel des généraux de son état-major, il sait que l'Armée Rouge n'est pas prête si la guerre qui s'annonce prend une ampleur plus importante que prévue. Avec cet accord, il s'agit aussi d'un Yalta avant l'heure grâce aux « protocoles secrets » : le partage de l'Europe de l'Est. Pour l'Allemagne, c'est la concrétisation d'un début d'« espace vital ». Pour l'URSS, c'est le retour en son sein de territoires perdus après la Première guerre mondiale et l'installation du « corridor sanitaire ». Petits fours et faux sourires de cette réunion cachent mal les tensions entre les deux pays. Cependant, tout est mis sous le tapis en attendant un changement de stratégie. Staline pense ainsi garder sa frontière occidentale tranquille et c'est avec effroi, tapis dans son bureau de très longues heures qu'il prendra connaissance du déclenchement de l'opération Barbarossa en juin 1941.
La PALUCHE... A suivre....
| Dès les premières minutes du film, on est happé par la force de la reconstitution et par l'"enfer" de Dunkerque |
Il y a des clichés qui en disent long sur l'ambiance d'un pays, les sentiments d'une Nation. Plus forts que les comptes-rendus, les analyses et décryptages.... en un instant, en une photo, on sait tout de ce qui peut traverser un pays, sa joie comme ses angoisses, ses moments de tensions face à un événement...
Le 06 juin 1944, de l'autre côté de l'Atlantique, le peuple américain suit "en direct" l'avancée de leurs troupes en Normandie. Un panneau géant d'une agence d'information accroché sur les murs d'un gratte-ciel new-yorkais diffuse les nouvelles, tenant en haleine les piétons. La photographie ci-dessous montre les progrès des sociétés occidentales et d'abord anglo-saxonnes où l'information "en temps réel" va prendre de plus en plus d'importance. Ce cliché montre aussi l'implication de tout un peuple dans la conduite de la guerre. Une fois le Débarquement révélé médiatiquement, l'opinion publique américaine va voir sa participation à la culture de guerre accrue et amplifiée.
Le missile allemand V2, sujet de cinéma ?
Un film de guerre présente en effet les armes nouvelles d'Hitler pour en faire un objet cinématographique. Son nom : « Opération Crossbow » de Michael Anderson, sorti en 1965. Les acteurs principaux sont George Peppard et Sophia Loren. Peppard est alors auréolé du succès du film « Diamants sur canapé » sorti 4 ans plus tôt et qui a fait de cet acteur américain, un sex symbol au sourire ravageur qui se spécialise dans les films de guerre ou dans les westerns alors que Sophia Loren alterne alors les productions italiennes et les grosses productions comme « la chute de l'empire romain ». Le film se décompense en plusieurs parties plus ou moins inégales. Le début est quasi documentaire. Nous sommes à la fois dans le quartier général de la RAF découvrant avec les spécialistes en photo aérienne ces étonnants cylindres qui intriguent. Certains y voient des armes nouvelles, des fusées capables de s'écraser sur Londres et pouvant renverser le cours de la guerre alors que d'autres y voient un plan nazi afin de mettre les forces alliés sur de fausses pistes. Le film montre également ce qui se passe à Pennemünde avec les essais techniques du V1, les différents pilotes d'essai. Werner VonBraun n'est pas nommément désigné mais on voit un savant géré les équipes techniques. On suit également les préparatifs de cette opération Crossbow avec le bombardement du site de Pennemünde par les bombardiers Lancaster et Stirling anglais. Suit une histoire d'espionnage classique avec Peppard et deux autres espions cherchant à infiltrer la base allemande. Ils se font passer pour des scientifiques de formation et experts en langues étrangères et ont pour mission de se faire passer pour des ingénieurs pro-nazis entre-temps décédés, ce que les Allemands, désespérément à la recherche d'experts en balistique, semblent ignorer. Sophia Loren interprète l'épouse de l'un de ses scientifiques, mais elle ne sait pas qu'entre temps, son ex époux (ils sont en instance de divorce) est décédé et que celui-ci a dorénavant pris les traits de Georges Peppard. Puis, Peppard réussit à entrer dans la base souterraine nazie avec le traditionnel jeu du chat et de la souris entre un espion et les services de la gestapo présents dans la base. Peppard discute souvent avec le scientifique, toujours aucune mention de VonBraun. Il ne faut alors fâcher personne car en 1965, date de la sortie du film, l'ancien scientifique nazi est le directeur de la NASA !! Aucune mention de Dora, aucun déporté, uniquement des travailleurs et scientifiques des pays occupés venus travailler de force dans un univers propret. On voit dans quelques plans des rangées de centaines de lits sommaires. Rappelons le contexte du film et l'aveuglement volontaire sur le monde concentrationnaire et son histoire, ainsi que le choix délibéré de faire un film d'action et d'espionnage. Aucune recherche historique, la base nazie souterraine ressemble davantage à un repaire d'un méchant de James Bond. Le film aura une suite plus ou moins officieuse car elle ne reprend aucunement la trame d'origine de « Opération Crossbow ». Elle s'intitule « Mission V2 » sorti en 1969 avec l'acteur David McCallum.
Lien youtube pour visionner la bande annonce :
https://www.youtube.com/watch?v=5v5Nq0fTD58
"Le jour le plus long" et "Il faut sauver le soldat Rayan" évoquent différemment la même bataille, un épisode qui a marqué les esprits et qui fait entrer la guerre dans une nouvelle phase : le débarquement allié (États-Unis, Royaume-Uni et Canada essentiellement) sur les plages de Normandie le 6 juin 1944, la plus importante opération amphibie de tous les temps.
A 36 ans de différence, ces deux films ne reproduisent pas de façon identique ce moment crucial de la guerre. Ces différences trouvent leurs origines dans le contexte de la réalisation de ces deux œuvres.
→ « Le Jour le plus long », de Daryl Zanuck, 1962 : le film montre l'intégralité de cette journée : des préparatifs quelques jours plus tôt (d’où le surnom de cette journée « la plus longue ») jusqu'à la prise des plages et la victoire contre l'ennemi mais avant les semaines très difficiles de la bataille de Normandie. Le film s'inspire du livre best-seller de Cornelius Ryan qui, le premier, a raconté le D Day dans le détail. Il a été tourné en Corse (les plages de Normandie, lieu de la bataille sont un lieu de mémoire et de respect donc interdiction d'y tourner, d'en faire un lieu « de spectacle »). On devine dans certains plans, avec quelques arrêts sur image le relief montagneux propre à la Corse. Le film est aussi tourné en noir et blanc, justement pour éviter notamment le bleu turquoise de la Méditerranée. Les artificiers ont abusé des panaches de fumée pour masquer le relief accidenté. 18 ans après les événements, le film rend hommage aux héros avec un souffle épique, respectant la nationalité des acteurs / soldats (ainsi, des français (comme Bourvil) jouent des français (on remarque au passage qu'il n'y a aucun collabo, uniquement de braves français (il ne faut alors pas froisser les coproducteurs français et montrer aux spectateurs de l'époque ce que fut la quasi guerre civile entre français)), des anglais comme Sean Connery jouent des soldats anglais et des américains interprètent des soldats américains (mais en grand nombre car le film s'adresse en priorité au public outre-Atlantique : présence de John Wayne, Henry Fonda, Robert Mitchum...)). Le film est une coproduction (plusieurs pays ont investis dans le film) mais c'est tout de même un film américain car il faut montrer à l'époque que les États-Unis se préoccupent toujours du devenir de l'Europe, qu'ils sont les gardiens de la liberté (contexte important de la guerre froide avec une date de sortie symbole face à ce qui se passe à Cuba). Le film glorifie la geste du soldat, leur sacrifice face à l'envahisseur mais allant jusqu'à la dépersonnalisation. Cependant, ce sens sacrificielle est occulté : peu de morts visibles, un sang déversé inexistant, peu de cadavres gisant sur le sable. Le film souffre de plusieurs problèmes : l'importance des guests (grands acteurs qui font de la participation) efface l'identification du spectateur : on voit Wayne, ou Connery qui vient alors de terminer son premier Bond " contre Docteur No" Le film insiste sur la force de frappe américaine (le pilonnage des blockhaus allemands, les coups de canons tirés des destroyers), les 2 avions de la Luftwaffe renforçant l'idée que l'arrivée sur les plages a été facile. Le film donne une impression de facilité, d'un manque de danger comme si la bataille était gagnée d'avance. Il y a donc un manque de recul entre l'événement réel et les intentions du réalisateur. Peu de morts, de scènes insoutenables. Idée que le Débarquement semble avoir été facile.
→ « Il faut sauver le soldat Rayan », Steven Spielberg, 1998. Le film évoque en partie le Débarquement mais par contre, il évoque également les jours suivants, soit la bataille de Normandie. Comme « Le jour le plus long », interdiction mémorielle de tourner en Normandie, Spielberg fait une reconstitution en Irlande ( et non les États-Unis car ambiance européenne du paysage + crédits d’impôts et facilités pour tourner offerts par l'Irlande). Le débarquement n'est pas le cœur du film. L'évocation de cette bataille permet de placer l'intrigue dans un moment historique précis. Spielberg cherche à interpeller les sens visuels et auditifs du spectateur le plongeant tout de suite sans répit dans une terrible scène de guerre dès les 5 premières minutes de film et pendant plus de 20 minutes avec des moments de bravoure, de massacre, montrant la réalité de la guerre (même s'il faut toujours insister sur le fait que ce n'est qu'une représentation de la guerre et non la guerre elle-même). La représentation du débarquement dans le film de Spielberg illustre bien la confusion qui règne alors sur la plage. On montre des forces jeunes (Miller est le seul officier « âgé » et qui a du recul ( normal car, de mémoire, dans le film, on apprend plus tard qu'il est prof = ce n'est pas un militaire de carrière) mais c'est une jeunesse qui se demande ce qu'elle fait là + certains sont déterminés, vigoureux mais on les montre aussi extrêmement vulnérables. Les scènes s'inspirent du travail du photographe Robert Capa qui a photographié cette journée de façon floue et saccadée mais non intentionnellement = dureté des combats. Capa, puis Spielberg ont ensuite fortement influencé les concepteurs de jeux vidéos sur la guerre (Medal of Honor) ou d'autres cinéastes lorsque ceux-ci ont représenté la guerre en général (Eastwood dans « Mémoire de nos pères », Scott pour « Gladiator »...)
Les blockhaus nazis continuent de hanter nos plages et notre imaginaire. Vestiges visibles, ils sont le témoin de l'occupation et voulaient transformer l'Europe en espace clos, une ceinture de béton de la Norvège aux côtes espagnoles face à l'hypothèse d'une invasion anglo-saxonne.
Mais ce qui est fascinant avec ces constructions monumentales inscrites pour durer dans le temps, ce sont leur construction, une histoire cachée, témoignage de la Collaboration entre de nombreux industriels français et la puissance administrative et coercitive du Reich.
Le Grand Palais a accueilli récemment les œuvres monumentales de Anselm Kieffer autour de ces témoignages du passé qui résonnent encore dans notre quotidien, comme des fantômes surgissant au détour d'une dune. L'idée est de questionner ces murs aujourd'hui souillés, rouillés, cachés face aux réalités d'aujourd'hui.
Liens :
Voici un Genially permettant à l'élève d'appréhender une chronologie des grands faits militaires de la 2eme guerre mondiale par le prisme des films de guerre. Le travail consiste à replacer sur une frise chronologique distribuée aux élèves les grandes batailles dans l'ordre, mais également sur une carte afin d'en voir la mondialisation.