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dimanche 16 janvier 2022

70 définitions pour clarifier les notions

 Notre collègue, le professeur Philippe Briatte nous propose 70 définitions pour les élèves de Terminale autour du thème " Faire la guerre, faire la paix"

1) guerre : un acte de violence dont l’objectif est de contraindre l’adversaire d’exécuter notre volonté

2) conflictualité : situation intermédiaire entre paix parfaite et guerre totale

3) guerre interétatique : guerre ou acte de violence entre des États (gouvernement + armée/ gouvernement +armée)

4) guerre intraétatique : guerre ou acte de violence à l’intérieur d’un État

5) acteurs étatiques d’une guerre : gouvernement, armée, diplomates...

6) acteurs non étatiques d’une guerre : rebelles, guérilla, groupes djihadistes, narcotrafiquants...

7) 4 types de facteurs favorisant le déclenchement d’un conflit armé : politiques, économiques, socio-économiques, territorial

8) terrorisme : mode d’action utilisé par des groupes armés pour mettre la pression sur des adversaires en utilisant la violence dans un but politique

9) paix négative : une paix où des tensions persistent

10) paix positive : une véritable paix avec sécurité, coopération, résolution non violente des conflits

11) guerre interne internationalisée : oppose un gouvernement et son armée à un ou des groupes armés ayant le soutien de forces étrangères

12) guerre non étatique : oppose un groupe armé organisé à un autre, dans un même pays ou sur plusieurs pays

13) les parties principales d’un conflit : acteurs à l’origine du conflit

14) les parties secondaires d’un conflit : les alliés

15) mercenaires : soldats qui combattent pour de l’argent

16) cyberguerre : guerre informatique

17) tactique militaire : l’art de gagner une bataille (combien d’hommes, armes, où et comment attaquer...)

18) stratégie militaire : coordonner l’ensemble des actions pour gagner une bataille ou une guerre

19) palémologie : analyse les causes des conflits et anticipe les conséquences

20) irénologie : discipline qui cherche à faire la paix

21) guerre absolue : pur concept de la guerre dont l’objectif est l’anéantissement de l’adversaire avec un usage illimité de la force

22) guerre réelle : s’applique à un contexte politique particulier, en mesurant bien l’objectif politique à atteindre et les moyens prêts à être mis en œuvre pour y arriver sans forcément anéantir l’adversaire

23) modèle clausewitzien de la guerre : une guerre entre États, sur un champ de bataille, opposant des armées régulières, avec une déclaration de guerre et un traité de paix

24) guerre irrégulière : guerre dans laquelle les États ne sont pas les seuls acteurs engagés, guerre sans front et sans frontières, sans respect du droit de la guerre

25) zones grises de la mondialisation : dans les « failed states » ou quartiers défavorisés où règnent pirates et groupes terroristes

26) conflit asymétrique : oppose deux forces dissemblables

27) armes conventionnelles : armes « classiques »

28) armes non conventionnelles : armes chimiques, nucléaires, bactériologiques...

29) brouillard de la guerre : expression de Clausewitz pour désigner l’incertitude des combats

30) SDN : Société des Nations 1919-1946, 1ère institution internationale visant à établir la paix de façon multilatérale en essayant de régler les différends entre États par la diplomatie et l’arbitrage de la communauté internationale, siège à Genève

31) ONU : Organisation des Nations Unies, depuis 1945, principale organisation internationale de maintien de la paix, siège à New-York

32) droit de veto : droit de s’opposer, au Conseil de sécurité de l’ONU, 5 pays ont ce droit (EU, URSS, F, Roy-Uni, Chine)

33) Conseil de sécurité de l’ONU : organe décisionnel de l’ONU, en charge de la paix et de la sécurité, 15 membres dont 5 permanents avec droit de veto, émet des résolutions qui s’imposent aux États

34) Casques bleus : l’armée de l’ONU

35) recommandation : décision adoptée par l’Assemblée Générale des Nations-Unies, ne s’impose pas aux États

36) résolution : décision adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU, s’impose aux États (sanctions économiques, envoi de Casques bleus...)

37) Assemblée générale de l’ONU : chacun des 193 États membres y dispose d’une voix, tribune internationale à l’ONU

38) Secrétariat général de l’ONU : dirige l’administration de l’ONU, c’est un diplomate élu pour 5 ans, António Guterres actuellement

39) Conseil de tutelle de l’ONU : prépare des territoires à l’indépendance

40) Cour internationale de justice : organe judiciaire principal de l’ONU, siège à la Haye

41) droit ou devoir d’ingérence : droit ou devoir, pour la communauté internationale, d’intervenir dans des États en situation très critique, pour des raisons humanitaires

42) sécurité collective : système de solidarité destiné à garantir la sécurité des États contre toute agression armée, en évitant le recours à la force

43) accompagner un processus de paix : faire en sorte que la paix soit durable (mesures humanitaires, économiques, démocratiques...)

44) les 4 moments par lesquels passe la victoire (selon Gaïdz Minassian) : la victoire militaire, le volet politique, signer une paix durable et inclusive, rejeter le recours à la force pour régler les éventuels différends

45) Moyen-Orient : Middle-East en anglais, de la Turquie à l’Iran, comprenant la péninsule arabique et l’Égypte

46) déclaration Balfour : 1917, le gouvernement britannique appuie officiellement l’établissement en Palestine d’un « national home » pour les juifs

47) guerre “d’indépendance” d’Israël : 1948-49, Israël repousse les États arabes (Égypte, Jordanie, Syrie, Liban, Irak) qui l’attaquent suite à sa déclaration d’indépendance

48) guerre des Six Jours : 5 au 10 juin 1967, ISR attaque Égypte-Syrie-Jordanie et les écrase en 6 jours, et occupe les « territoires occupés »

49) les “territoires occupés” : par ISR depuis la guerre des Six Jours, Sinaï + Cisjordanie + Golan + Jérusalem-Est + Gaza

50) résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU : 22/11/1967, demande à ISR d’évacuer les « territoires occupés »

51) accords de Camp David : 1978, signés entre ISR et Égypte (Begin/Sadate), préalables au traité de paix signé entre les 2 pays en 1979

52) guerre du Golfe : janvier-février 1991, attaque d’une coalition internationale contre l’Irak de Saddam Hussein suite à l’invasion du Koweït par l’Irak en août 1990

53) coalition : alliance de différents pays contre un ennemi commun

54) Intifada : « guerre des pierres », 1987-93 puis 2000-2006, soulèvement de la population palestinienne des « territoires occupés » contre l’armée israélienne

55) OLP : Organisation de Libération de la Palestine créée en 1964

56) principal dirigeant de l’OLP de 1969 à 2004 : Yasser Arafat

57) massacres des camps de Sabra et Chatila : 15-18 septembre 1982, au Liban, massacres de civils palestiniens dans des camps de réfugiés près de Beyrouth par des milices chrétiennes libanaises suite à l’assassinat du premier ministre chrétien libanais Bashir Gemayel par des Palestiniens

58) accords d’Oslo : 1993-95, signés le 13 septembre 1993 à Washington entre Rabin (ISR) et Arafat (OLP) avec Clinton. ISR et OLP se reconnaissent mutuellement + création de l’Autorité palestinienne

59) actuels territoires palestiniens : Gaza + Cisjordanie

60) Hamas : dirige Gaza depuis 2006, mouvement palestinien islamiste radical, soutenu par les monarchies du Golfe

61) Fatah : parti d’Arafat, au nationalisme athée, un des composants principaux de l’OLP

62) Autorité palestinienne : organe exécutif pour gérer l’autonomie palestinienne à Gaza et en Cisjordanie, avec un président, un gouvernement et un parlement. Mise en place suite aux accords d’Oslo entre ISR et OLP

63) guerre d’Irak en 2003 : oppose l’Irak à une coalition internationale dirigée par les EU (avec Royaume-Uni, Espagne...)

64) “printemps arabe” : vaste mouvement de protestation des populations arabes contre leurs dirigeants, parti de Tunisie en 2011

65) “hiver islamiste” : les islamistes prennent le pouvoir après le « printemps arabe »

66) guerre de Syrie : guerre civile opposant le président dictateur syrien Bachar el-Assad à divers groupes rebelles soutenus par des puissances internationales, depuis 2011

67) les 2 phases des plans de paix au Moyen-Orient : de 1948 aux années 1970, l’ONU dirige des négociations multilatérales qui conduisent à des paix négatives ; à partir de 1973, des négociations bilatérales menées sous l’égide américaine

68) guerre préventive : guerre initiée avec la croyance qu’un conflit futur est inévitable bien que non imminent

69) plan de partage de la Palestine par l’ONU : 29/11/1947, l’ONU prévoit le partage de la Palestine en un État juif, un État arabe palestinien et Jérusalem internationalisée

70) enjeux transnationaux : des enjeux qui dépassent le cadre national d’un État



Présentation du projet

 La guerre est le propre de l'homme. 

    Aucun autre animal sur terre ne se fait la guerre. Il y a bien des exemples de luttes de territoire chez certaines espèces comme entre meutes de loups, les luttes entre fourmilières et les groupes de lions se disputant des zones de chasse, mais la capacité qu'a l'homme à infliger des blessures et la mort à ses congénères sur une vaste échelle peut atteindre des sommets de cruauté allant même jusqu'à l'auto-destruction complète depuis la mise en place des armes de destruction massive.

    Ainsi, l'Homme, c'est la guerre. Des origines obscures de notre espèce jusqu'au monde de demain, de la puissance militaire du pharaon aux B-52 de l'US Air Force, des mousquetaires du roi aux hordes de Gengis Khan, il n'est question que d'influence, de prise de matières premières, d'hégémonies, de combats entre souverains, entre peuples, nations et idéologies... On estime que depuis 5.000 ans, notre planète a connu plus de 10.000 guerres ! Soit une moyenne de deux guerres par an !

    Histoire et géographie sont grandement mises à contribution autour du fait guerrier. Expliquer des prises de position, des évolutions des peuples, des nations et des Etats, mettre en perspective et contextualiser des faits guerriers contribuent à faire de l'histoire et de la géographie des sciences sociales de premier plan pour qui veut étudier la guerre.... "La géographie, ça sert d'bord à faire la guerre", proclame le géographe Yves Lacoste en 1976 en lançant sa revue "Hérodote". Il en est de même de l'Histoire. Revenir aux causes de la guerre, en expliquer les tenants et les aboutissements, développer ses causes qui seront certainement sources de nouveaux conflits, l'Histoire est la matière première de la guerre et la géographie son corollaire. 

    Le prisme guerrier est au centre d'une vaste toile d'araignée au cœur de toutes les activités humaines. De la sociologie aux Arts plastiques, de l'économie à la littérature, de la médecine, la technologie, la politique ou la religion... Le fait guerrier touche toutes les activités humaines, l'influence ou le modifie. Que ce soit la guerre que l'on a vécu, la guerre que l'on prépare, la guerre que l'on imagine ou celle qui a touché profondément des peuples. La guerre est un moment paroxystique des peuples et des Etats. Elle révolutionne des habitudes, bouleverse des sociétés, modifie en profondeur les rapports de forces. Elle contribue aussi aux évolutions techniques et technologiques en étant un accélérateur de nouveautés. Enfin, la guerre, c'est aussi la paix, la recherche de la stabilité, de la concorde en recherchant le point d'équilibre afin de satisfaire le plus grand nombre. Lorsqu'un conflit surgit, lorsqu'une tension se fait jour, la guerre apparaît rapidement comme l'une des solutions... la plus risquée, mais aussi la plus évidente. L'instabilité croissante du monde contemporain nous pousse inexorablement à nous plonger dans les racines de la guerre.

    Utiliser la guerre, le fait guerrier, la géopolitique, les rapports de force peut être un prisme, une vision de l'ensemble des programmes des classes du secondaire. En histoire, comme en géographie, la guerre, au sens très large de cette notion, irrigue les programmes. De la 6me à la terminale, les enseignants manipulent avec leurs élèves de très nombreuses notions autour de la guerre, du combat, de l'influence des Etats et civilisation, du hard comme du soft power. L'objectif de ce blog est de montrer toute la diversité de ces approches, de voir la guerre comme une activité humaine sans en faire l'apologie mais au contraire en en montrant toutes les facettes, bien souvent cruelles, et son irréductible prégnance dans les activités humaines, à l'échelle des civilisations, des Etats comme des individus. Le but de ces pages est de montrer que de touts temps, à toutes les époques, la guerre fascine et rebute. Elle a mobilisé des quantités énormes d'énergie et de ressources, qu'elle a contribué à faire le monde d'aujourd'hui et que le XXIème siècle est lui aussi un monde sous tension. Etudier la guerre comme fil directeur des activités et des cours avec les élèves est ainsi une des activités et connaissances à faire transmettre aux générations de demain...    


Petite vidéo sur l'arme nucléaire