Même s'il s'adresse aux plus jeunes, l'excellente série animée "Un jour une question" propose des petits dessins animés explicatifs concernant la guerre, l'armée.... En voici une consacrée à l'arme nucléaire. Le public visé est celui des élèves du primaire mais la vidéo est tout de même visionnable en préambule d'un cours pour des collégiens de 3eme afin de leur présenter l'arme atomique.
De la 6ème à la Terminale, étudier la guerre en histoire et en géographie
lundi 10 mars 2025
mercredi 16 février 2022
Churchill et les Sudètes
Travail sur le discours de Churchill alors dans l'opposition : la réaction de l'Homme politique à l'annonce des résultats de la Conférence de Munich.
Un homme politique visionnaire, le choix des mots dans le discours politique
mardi 8 février 2022
I Want You, la force de la propagande
"I want you" est certainement l'une des œuvres picturales majeures du XXème siècle. Image iconique, glorifiée, moquée, parodiée, détournée, réutilisée, transformée, elle montre l'importance de l'image et du slogan dans les sociétés modernes. Son impact n'est plus à démontrer : des mots simples et tout de suite compréhensibles, un personnage allégorique immédiatement identifiable et mondialement connu, un contexte de guerre... Le peuple américain pour qui cette affiche est destinée va tout de suite répondre positivement à ce slogan et s'engager massivement.
On doit ce dessin majeur à un illustrateur américain : James Montgomery Flagg qui travaille alors pour la revue Leslie's illustrated weekly newspaper. Pour un de ses numéros, la rédaction demande à Flagg une couverture sur la préparation militaire du pays en cas de conflit. Nous sommes alors en juillet 1916 et les Etats-Unis ne sont pas encore en guerre mais l'opinion publique, les médias et la société ressentent que les tensions européennes et notamment la guerre à outrance des sous-marins allemands contre les navires marchands notamment américains vont faire basculer le conflit. Pour réaliser son Sam, Flagg s'inspire d'un dessin de l'anglais Alfred Leete. Celui-ci réalise en septembre 1914 une affiche où on voit Lord Kitchener alors secrétaire d'Etat à la guerre au Royaume-Uni pointant du doigt le passant l'invitant à rejoindre l'armée britannique. Flagg reprend cette idée, fait son autoportrait pour la tête de Sam et y ajoute la barbichette et les cheveux blancs. Le thème de la guerre envahit peu à peu les sujets de l'opinion publique, les premiers médias, les discours des politiques. Très vite, Flagg va travailler pour le gouvernement fédéral pour illustrer des campagnes d'affichage sur le volontariat et également pour les emprunts de guerre. Il reprend alors son Sam de la couverture de la revue pour son affiche la plus célèbre. Plus de 4 millions d'affiches seront imprimés pendant l'année 1917 / 1918 et elle sera réutilisée lors de l'entrée en conflit en décembre 1941 suite à Pearl Harbor. Bien placée dans les villes, à hauteur d'homme, elle pointe du doigt le passant lui rappelant ses devoirs de citoyens. Le regard fixe de l'Oncle Sam interpelle le passant.
| Couverture de la revue, dessin originale de Flagg qui va ensuite dessiner la célèbre affiche |
| Flagg devant son affiche qui le rendit célèbre |
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| La source d'inspiration de Flagg. Lord Kitchener pointant du doigt le sujet de sa majesté afin qu'il s'enrôle dans les forces britanniques. |
Utilisable en cours pour illustrer la propagande, il est évident que l'étude de "I want You" est tout de suite perceptible et identifiable chez nos élèves. Elle permet un travail sur les couleurs, la typographie, le choix du cadrage, la contextualisation d'une oeuvre et son impact sur le court et le long terme. Il est d'abord nécessaire de contextualiser l'oeuvre : le rappel de la "neutralité" américaine, tout de suite perceptible à l'aide de cartes et d'une frise entre 1914 et 1917. On peut dès lors mentionner le trafic marchandise entre les 2 rives de l'Atlantique et le soutien implicite entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni avec des livraisons d'armes et de matériel. On évoque par exemple la tragédie du Lusitania torpillé en mai 1915 et enfin le fameux télégramme allemand Zimmermann intercepté par les anglais en janvier 1917 et demandant au Mexique de rejoindre la Triple Alliance pour attaquer le flanc sud des Etats-Unis. Dès la déclaration de guerre annoncée par le Président Wilson, l'affiche sera placardée, collée un peu partout sur le territoire américains. L'impact du visuel et la simplicité des mots va faire mouche. Il faut alors rappeler aux élèves qui n'ont pas 'histoire des médias et sources d'information en tête que tél, radio n'existent pas, que le cinéma est encore balbutiant et que les américains, savent quasiment tous lire et écrire. Ainsi, l'affichage est alors quasiment le seul moyen de communication gouvernementale. Il faut ensuite mentionner aux élèves l'inexistence du service militaire outre-Atlantique et donc l'importance du message fédérale à "faire quelque chose pour le pays en se rendant au bureau de recrutement le plus proche". A part la Guerre de Sécession, le conflit avec l'Espagne puis avec le Mexique, ainsi que les guerres indiennes il n'y a pas eu véritablement de guerre sur le sol américain. Les Etats-Unis doivent dès lors envoyer une masse de forces de projection essentiellement composé de jeunes adultes n'ayant qu'une vague connaissance du feu. Les jours sont comptés entre l'entrée officielle en guerre, l'arrivée des recrues, l'équipement et l'entrainement, la traversée de l'Atlantique et l'arrivée sur les fronts. Les élèves imaginent vien souvent que dès le lendemain de l'annonce de l'entrée en guerre, les Etats-Unis ont déjà envoyé des forces en mai 1917 ! Placé en taille réelle grâce au vidéo-projecteur qui équipe aujourd'hui nos classes, couleurs naturelles à la même hauteur qu'en 1917, on peut demander aux élèves d'interagir comme s'ils étaient citoyens américains découvrant au coin d'une rue cette affiche. On peut travailler sur les couleurs, le personnage de l'Oncle Sam en revenant aussi sur Marianne ou Britannia, des allégories nationales. On peut revenir sur les origines du nom de Uncle Sam et ses initiales U.S. Le doigt pointé du tonton américain en direction de l'élève et sa prise de conscience inconsciente qu'il doit faire quelques chose pour son pays. On peut ensuite développer le travail sur d'autres affiches de la propagande de la Première guerre mondiale mais aussi évoquer la conscription, l'engagement volontaire et les conceptions différentes d'un pays à l'autre : le poids du service national en France et l'inscription volontaire chez les anglo-saxons (au moins au début de la guerre en ce qui concerne les anglais).
Le travail de Flagg a été repris de très nombreuses fois pendant tout le XXème siècle, preuve de l'emprise de l'oeuvre dans l'imaginaire... Qu'on en juge dans les hommages, pastiches et détournements suivants...
| Affiche soviétique de la Grande Guerre Patriotique demandant aux camarades de rejoindre l'Armée Rouge |
| Montage photographique reprenant l'affiche de Flagg pour la détourner dans les années 1960 lors de la guerre du Vietnam. |
| Couverture de la B.D. SuperDupont de Gotlib |
| Une du magazine Time lors de la guerre en Irak |
| Affiche parodique de fan de Star Wars |
| Publicité de 1998 pour une marque d'eau gazeuse |
L'analyse de l'affiche sur le site Histoire par l'image, c'est : ici
Une autre analyse, c'est : là
Et enfin, une vidéo explicative....
mardi 18 janvier 2022
Les films consacrés au D Day
"Le jour le plus long" et "Il faut sauver le soldat Rayan" évoquent différemment la même bataille, un épisode qui a marqué les esprits et qui fait entrer la guerre dans une nouvelle phase : le débarquement allié (États-Unis, Royaume-Uni et Canada essentiellement) sur les plages de Normandie le 6 juin 1944, la plus importante opération amphibie de tous les temps.
A 36 ans de différence, ces deux films ne reproduisent pas de façon identique ce moment crucial de la guerre. Ces différences trouvent leurs origines dans le contexte de la réalisation de ces deux œuvres.
→ « Le Jour le plus long », de Daryl Zanuck, 1962 : le film montre l'intégralité de cette journée : des préparatifs quelques jours plus tôt (d’où le surnom de cette journée « la plus longue ») jusqu'à la prise des plages et la victoire contre l'ennemi mais avant les semaines très difficiles de la bataille de Normandie. Le film s'inspire du livre best-seller de Cornelius Ryan qui, le premier, a raconté le D Day dans le détail. Il a été tourné en Corse (les plages de Normandie, lieu de la bataille sont un lieu de mémoire et de respect donc interdiction d'y tourner, d'en faire un lieu « de spectacle »). On devine dans certains plans, avec quelques arrêts sur image le relief montagneux propre à la Corse. Le film est aussi tourné en noir et blanc, justement pour éviter notamment le bleu turquoise de la Méditerranée. Les artificiers ont abusé des panaches de fumée pour masquer le relief accidenté. 18 ans après les événements, le film rend hommage aux héros avec un souffle épique, respectant la nationalité des acteurs / soldats (ainsi, des français (comme Bourvil) jouent des français (on remarque au passage qu'il n'y a aucun collabo, uniquement de braves français (il ne faut alors pas froisser les coproducteurs français et montrer aux spectateurs de l'époque ce que fut la quasi guerre civile entre français)), des anglais comme Sean Connery jouent des soldats anglais et des américains interprètent des soldats américains (mais en grand nombre car le film s'adresse en priorité au public outre-Atlantique : présence de John Wayne, Henry Fonda, Robert Mitchum...)). Le film est une coproduction (plusieurs pays ont investis dans le film) mais c'est tout de même un film américain car il faut montrer à l'époque que les États-Unis se préoccupent toujours du devenir de l'Europe, qu'ils sont les gardiens de la liberté (contexte important de la guerre froide avec une date de sortie symbole face à ce qui se passe à Cuba). Le film glorifie la geste du soldat, leur sacrifice face à l'envahisseur mais allant jusqu'à la dépersonnalisation. Cependant, ce sens sacrificielle est occulté : peu de morts visibles, un sang déversé inexistant, peu de cadavres gisant sur le sable. Le film souffre de plusieurs problèmes : l'importance des guests (grands acteurs qui font de la participation) efface l'identification du spectateur : on voit Wayne, ou Connery qui vient alors de terminer son premier Bond " contre Docteur No" Le film insiste sur la force de frappe américaine (le pilonnage des blockhaus allemands, les coups de canons tirés des destroyers), les 2 avions de la Luftwaffe renforçant l'idée que l'arrivée sur les plages a été facile. Le film donne une impression de facilité, d'un manque de danger comme si la bataille était gagnée d'avance. Il y a donc un manque de recul entre l'événement réel et les intentions du réalisateur. Peu de morts, de scènes insoutenables. Idée que le Débarquement semble avoir été facile.
→ « Il faut sauver le soldat Rayan », Steven Spielberg, 1998. Le film évoque en partie le Débarquement mais par contre, il évoque également les jours suivants, soit la bataille de Normandie. Comme « Le jour le plus long », interdiction mémorielle de tourner en Normandie, Spielberg fait une reconstitution en Irlande ( et non les États-Unis car ambiance européenne du paysage + crédits d’impôts et facilités pour tourner offerts par l'Irlande). Le débarquement n'est pas le cœur du film. L'évocation de cette bataille permet de placer l'intrigue dans un moment historique précis. Spielberg cherche à interpeller les sens visuels et auditifs du spectateur le plongeant tout de suite sans répit dans une terrible scène de guerre dès les 5 premières minutes de film et pendant plus de 20 minutes avec des moments de bravoure, de massacre, montrant la réalité de la guerre (même s'il faut toujours insister sur le fait que ce n'est qu'une représentation de la guerre et non la guerre elle-même). La représentation du débarquement dans le film de Spielberg illustre bien la confusion qui règne alors sur la plage. On montre des forces jeunes (Miller est le seul officier « âgé » et qui a du recul ( normal car, de mémoire, dans le film, on apprend plus tard qu'il est prof = ce n'est pas un militaire de carrière) mais c'est une jeunesse qui se demande ce qu'elle fait là + certains sont déterminés, vigoureux mais on les montre aussi extrêmement vulnérables. Les scènes s'inspirent du travail du photographe Robert Capa qui a photographié cette journée de façon floue et saccadée mais non intentionnellement = dureté des combats. Capa, puis Spielberg ont ensuite fortement influencé les concepteurs de jeux vidéos sur la guerre (Medal of Honor) ou d'autres cinéastes lorsque ceux-ci ont représenté la guerre en général (Eastwood dans « Mémoire de nos pères », Scott pour « Gladiator »...)
dimanche 16 janvier 2022
Les batailles de la 2eme guerre mondiale à travers le cinéma
Voici un Genially permettant à l'élève d'appréhender une chronologie des grands faits militaires de la 2eme guerre mondiale par le prisme des films de guerre. Le travail consiste à replacer sur une frise chronologique distribuée aux élèves les grandes batailles dans l'ordre, mais également sur une carte afin d'en voir la mondialisation.
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